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    Comment je suis devenue une mégère après cinq mois sans internet

    Alice Maruani | L’Obs

    الأحد 7 تشرين الأول (أكتوبر) 2018 إضافة: (سيد احمد ولد مولود)

    Retrouver internet après cinq mois sans connexion, ça donne l’impression de passer dans une machine à laver. Récit.

    Par Alice Maruani

    J’ai passé cinq mois dans la pampa. Je n’allais me connecter au wifi du village voisin qu’une fois par semaine, pour donner des nouvelles à ma famille. Pas de posts enflammés sur Facebook, pas de vidéos bizarres sur YouTube, pas de réservations ni d’achats en ligne, pas même de séries américaines. Et sans internet, j’ai survécu. Je dirais même plus : au bout de trois mois, je ne me souvenais plus à quoi ça servait.

    Voici le récit de mes retrouvailles pas si enchantées avec le web.

    • Semaine 1 : difficile retour dans la matrice

    Comme une affamée devant un burger industriel, je me précipite avec joie sur le premier réseau wifi disponible. Ce qui me frappe en premier : internet n’a absolument pas changé. Seulement, j’ai l’impression qu’il tourne à vide. Telle une enfant qui découvre l’absurdité du monde, les premières questions surgissent : pourquoi les hashtags ? A quoi ça sert de publier ses souvenirs ? Qui s’intéresse aux photos de ce qu’on est en train de manger ? Pourquoi tout le monde se dispute ?

    Et trois évidences s’imposent.

    Je ne supporte plus mes amis Facebook. Ils postent des selfies, des remerciements, des analyses géopolitiques. Ce ne sont pas juste les publicités et les sites qui essayent de nous voler notre attention. Tout le monde s’y met : le but lucratif, ce sont des likes. Je me promets qu’on ne m’y reprendra plus (avant de changer de photo de profil, moi allongée devant une cascade, parce que, quand même).

    Sur les réseaux sociaux, les choses insignifiantes prennent une dimension cruciale. Chacun défend son bout de gras et son obsession du jour, que ce soit la méditation transcendantale, le véganisme ou le théâtre. Chaque débat dans les commentaires d’un groupe de cent personnes devient le noyau dur de la démocratie. Je suis aux prises avec une machine à incitations et pressions à prendre parti, à m’intéresser à tel fait, telle actualité, telle œuvre d’art pour l’oublier une minute après. Avec la sensation désagréable de m’éparpiller en mille morceaux.

    Les algorithmes nous maintiennent dans une douce prison de conformisme. Sur mon mur, tout le monde ne parle que féminisme et fêtes techno. Et tout est fait pour que cette portion ridiculement réduite et balisée du monde semble en être la totalité.

    Au bout de deux jours, j’ai l’impression qu’internet est la principale cause de notre décadence future. Quand je bois un coup avec mes amis, je me mets à regretter le bon vieux temps que je n’ai pas connu : "Avant, les gens posaient la question à leur voisin quand ils ne savaient pas laver une tache de vin, et on se sentait moins seul", "Avant, on ne pouvait pas fact-checker nos conversations, et on n’avait pas de certitudes et c’était bien mieux comme ça". Je les saoule. Ils me touchent l’épaule pour me consoler. Bref, je suis devenue une petite vieille un peu tapée.

    Aussi nostalgique que l’écrivain américain Julius Sharpe (163.000 followers) qui a tweeté, en août :

    "Dès que quelqu’un quitte Twitter, je me sens comme Ben Affleck à la porte de Matt Damon à la fin de ’Will Hunting’. Trop content pour eux."

    • Semaine 2 : je replonge salement

    Dans une cure de désintox, le moment le plus délicat n’est pas quand on arrête. Mais quand on pense que c’est fini de chez fini et qu’on ne nous y reprendra plus. On baisse la garde, et on se fait reprendre. Au bout d’une semaine d’internet, je replonge :

    quand je vois une polémique sur Enthoven, je lis plein d’articles et j’ai envie de tweeter ;
    je ne sais pas de quoi parle telle personne en colère mais je le devine, et je like ;
    je regarde des vidéos de recette en haute définition et je pense à les réaliser pendant une seconde ;
    je me demande si cette vidéo qui tourne sur YouTube, où on voit que le miel pur fait des formes d’alvéoles quand on le mélange à l’eau, est un hoax.
    J’ai la sensation que je pourrais scroller et me divertir à l’infini. Je retrouve la sensation familière de procrastination, de stress sans objet, de déprime et de haine de moi. Plus j’ai une journée stressante, plus je scotche sur mon écran. Plus je scotche, plus je stresse. Histoire d’en être bien persuadée, j’installe un compteur de temps sur mon portable. Je dépasse souvent les trois heures dans mes mauvais jours.

    Je me console en pensant que c’est une demi-heure de moins en moyenne que les gens qui ont installé cette même application. Mais ce n’est pas simplement l’impression de perdre mon temps qui me préoccupe. Plutôt cette nervosité sourde et désagréable qui s’insinue en moi. J’ai de plus en plus de mal à participer à une conversation de vingt minutes sans regarder mon écran.

    En fait, mon problème a un nom : je suis de nouveau addict. L’idée aujourd’hui admise par la communauté scientifique et popularisée par des lanceurs d’alerte comme Sean Parker ou Tristan Harris est que certains sites internet – Facebook, YouTube, Twitter, certains sites de news, etc. – sont volontairement aussi addictifs que la cocaïne et les jeux d’argent.

    Une histoire de dopamine, une hormone du plaisir qui vient récompenser certains comportements et les renforcer, et que Rue89 vous expliquait il y a quelques mois.

    Le professeur américain spécialiste de l’addiction Nicholas Kardaras, décrit d’ailleurs les écrans comme "de l’héroïne digitale". Il est donc logique que plus je vérifie mon portable avec le désir secret de recevoir un message d’amour – et en tombant sur un mail des impôts ou une invitation à un événement où je ne connais personne –, plus j’en ai besoin.

    Quand mon neveu de 10 ans me reproche d’être "surconnectée", un flot de culpabilité m’envahit, et je prends la mesure de ma dépendance : grave.

    • Semaine 3 : je résiste, et je positive

    Je ne me laisse pas abattre. Je veux redevenir une humaine, capable de supporter les silences, l’ennui et de regarder passer le temps. Je prends les choses en main et essaye de suivre les conseils donnés par la communauté NoSurf de Reddit, dont le slogan (paradoxal pour un forum en ligne) est "Arrêter de passer sa vie en ligne".

    Comme je ne suis pas encore décidée à passer à un téléphone "non intelligent", je supprime les applications les plus addictives, comme Facebook, ainsi que les notifications. Je laisse mon portable derrière moi quand je sais que je n’en ai pas besoin, lors de mes soirées, de mes week-ends, ou pour aller faire les courses.

    Bientôt, je supprime mon forfait internet de mon téléphone, pour me contenter de mon ordinateur, que je laisse sur son bureau au lieu de l’emporter dans mon lit le soir.

    J’essaye de faire monter mon niveau de dopamine d’autres façons : je m’initie au crochet, j’écris des poèmes, je vais marcher, j’écoute de la musique et je médite.

    Je positive : internet ne se résume pas aux réseaux sociaux. Plutôt que de jeter tous mes écrans par la fenêtre, je décide d’en tirer le meilleur parti. Je regarde un documentaire de la BBC sur les fonds marins, je télécharge des bouquins gratuitement. Je regarde des recettes de cosmétiques faits maison, je les fais, et je les partage dans la vie réelle.

    Comme l’a écrit Mark O’Connell, dans le "New York Times", il y a quelques jours, "être vivant et en ligne à notre époque, c’est se sentir détruit et hébété par le flux d’informations [...]. Se retirer des réseaux peut soulager la souffrance ou aider à ne pas devenir fou. Mais d’une façon ou d’une autre, le monde étant tel qu’il est, nous devons apprendre à vivre avec".

    Un mois après mon retour, je vis avec, mais je passe beaucoup moins de temps sur internet et je trouve le silence révolutionnaire. L’énorme inconvénient : je culpabilise dès qu’il m’arrive de le troubler. Cet article est-il nécessaire, ou ajoute-t-il plus de bruit au bruit ambiant ? Oui, voilà.



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